Note de thèse de Lucie Jeanneret, octobre 2009

 

Lucie Jeanneret

Doctorante en archéologie médiévale

Allocataire du Ministère de la Recherche

LAHM – Laboratoire d’Archéologie et d’Histoire Merlat

UMR CNRS 6566 CReAAH – Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire

 

Université de Rennes 2 – Bâtiment A (bureau A333)

Place du recteur Henri Le Moal

CS 24 307

35043 Rennes Cedex

 

06 26 59 09 48

luciejeanneret@aol.com

Le 25 octobre 2009

 

 

Présentation des recherches menées sur les châteaux, mottes et enceintes médiévales du Morbihan

 

Je débute cette année une thèse de doctorat en archéologie médiévale à l’Université de Rennes 2, intitulée « Les résidences aristocratiques fortifiées du Vannetais : étude de la structuration des pouvoirs et du peuplement au Moyen Age (Xe-XIIIe siècles) ». Ces travaux de recherche, qui dureront au minimum 3 ans, s’étendront sur la quasi-totalité du département du Morbihan. Le Morbihan apparaît pour cela un territoire idéal : d’une part parce qu’il n’a pas fait l’objet d’une étude complète sur ce sujet, d’autre part parce que la situation politique au Moyen Age permet de confronter plusieurs situations politiques différentes (territoires de l’évêque, domaine ducal, châtellenies diverses).

Le rattachement aux deux laboratoires d’archéologie de Rennes permet d’envisager une importance phase de terrain qui a pour but d’établir dans un premier temps un inventaire complet des sites médiévaux fortifiés (châteaux, mottes et enceintes) et dans un deuxième temps d’intervenir en proposant des relevés topographiques des sites conservés (principalement des sites fossoyés, c'est-à-dire mottes « castrales » et enceintes ), en accord avec les services de l’Etat (Service Régional de l’Archéologie, DRAC Bretagne). Dans une dernière phase certains sondages archéologiques pourront être envisagés sur les sites fossoyés les mieux conservés afin de caractériser l’état des vestiges maçonnés que l’on connaît par des mentions directes ou indirectes.

A cette étude de terrain, qui nécessite un investissement en temps important, s’ajoute une étude historique qui vise à compléter les données très lacunaires concernant l’histoire de ces résidences aristocratiques très caractéristiques de la moyenne et petite noblesse du Moyen Age central (Xe-XIIIe siècles). Le dépouillement des archives et l’étude de toute la documentation cartographique, planimétrique et iconographique disponible permettra au terme de ces trois années de percevoir l’influence de ces sites fortifiés souvent oubliés et pour beaucoup détruits dans la mise en place des cadres territoriaux que nous connaissons aujourd’hui. La synthèse permettra aussi de percevoir au travers de ces « faits » archéologiques la mise en place du système dit « féodo-vassalique » au tournant du Xe et du XIe siècle.

 

Les sites en élévation ne sont pas nombreux (1/3 environ sont encore visibles de nos jours, soit une trentaine de sites pour le département) et ceux qui gardent leur « profil » médiéval sont encore plus rares, d’où l’importance de les protéger, d’empêcher le démantèlement des propriétés et de sensibiliser les propriétaires (privés ou publics) à la conservation et la mise en valeur de ce patrimoine. En cela, la Bretagne intérieure est un vivier important : c’est dans cette partie du Morbihan que sont recensés près de la moitié des sites du département et les mieux conservés, ce qui permet des comparaisons et une meilleure compréhension de la dynamique des pouvoirs au Moyen Age.

Si le but de cette recherche universitaire n’est pas patrimonial, cet enjeu est d’importance et la compréhension et la prise en compte patrimoniale de ces sites est l’un des débouchés principaux de cette thèse. Ces sites souvent méconnus car jusque là incompris, délaissés par la recherche, connaissent un regain d’intérêt depuis les années 1990. Ces diverses recherches permettent aujourd’hui de les inclure dans notre histoire ; celle de nos institutions, mais aussi et surtout celle de nos territoires et de nos paysages. En cela, ce patrimoine fragile doit s’inscrire dans les préoccupations des acteurs locaux (élus, associations, propriétaires) d’une part pour assurer leur préservation et d’autre part pour les intégrer dans un paysage touristique et dans le patrimoine local (à destination des habitants qui sont souvent très concernés par cette « réappropriation » de leur patrimoine). Dans cette optique, je porte une attention toute particulière aux projets concernant le site du Corboulo (Saint-Aignan), qui pourrait être le premier exemple de mise en valeur d’un tel site dans le département.

 

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